Stratégie retail

Les chiffres clés du secteur de la mode en France


Une étude inédite menée par Xerfi pour l’Alliance du Commerce mesure l’empreinte économique et sociale du commerce de mode en France. En 2025, le secteur représente 92 milliards d’euros d’activité totale et 284 000 emplois directs, indirects ou induits.

Le commerce de mode représente près d’un salarié sur cinq du commerce de détail non alimentaire. - © D.R.
Le commerce de mode représente près d’un salarié sur cinq du commerce de détail non alimentaire. - © D.R.

Avec 284 000 emplois générés et 92 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le territoire national, le commerce de mode s’impose comme un acteur de premier plan de l’économie française. Une étude inédite, réalisée par Xerfi pour l’Alliance du Commerce, mesure pour la première fois l’empreinte économique et sociale du secteur, qui englobe l’habillement, la chaussure, le textile, les grands magasins et les magasins populaires. L’étude porte plus précisément sur le commerce de détail de l’habillement, des chaussures et des articles textiles, ainsi que sur les grands magasins et les magasins populaires. La fabrication et le commerce de gros ne sont pas inclus dans son périmètre.

Pour objectiver la contribution du commerce de mode à l’économie française, Xerfi a croisé les données diffusées par plusieurs institutions publiques, notamment l’Urssaf, l’Insee, la Dares et l’Agirc-Arrco, avec l’analyse des données financières d’entreprises représentatives du secteur. Fondée sur les chiffres de l’exercice 2025, l’étude quantifie séparément les effets directs, indirects et induits du commerce de mode sur l’économie et les territoires. Jérémy Robiolle, directeur du développement de Xerfi, détaille la méthodologie et les principaux enseignements de l’étude : « Pour cette étude, nous avons croisé sources administratives et données sectorielles, modélisé les chaînes de valeur et mesuré les effets directs, indirects et induits du commerce de mode sur le territoire. Il en ressort que pour chaque euro dépensé en magasin, les trois quarts sont réinjectés dans l’économie française. Et chaque emploi direct du secteur génère un total de 1,43 emploi. Ces résultats font du commerce de mode un moteur économique puissant dont le rayonnement dépasse largement ses seuls points de vente. »

53 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct

Le commerce de mode réalise 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct. Il représente ainsi 12 % de la valeur créée par l’ensemble du commerce de détail, hors automobile et carburants, et 11 % de ses effectifs salariés. Rapporté au seul commerce de détail non alimentaire, son poids atteint 22 % de la valeur ajoutée et 22 % des effectifs. Le chiffre d’affaires direct du commerce de mode dépasse celui de la restauration traditionnelle, qui s’élève à 44 milliards d’euros, celui des transports aériens, estimé à 26 milliards d’euros, ainsi que celui de l’hôtellerie traditionnelle, qui atteint 25 milliards d’euros.

198 500 emplois directs

Au 31 décembre 2025, le commerce de mode emploie près de 200 000 salariés en direct. L’étude comptabilise précisément 198 500 emplois directs, et 198 510 emplois dans le détail de ses calculs sur les effets économiques du secteur. Le commerce de mode représente près d’un salarié sur cinq du commerce de détail non alimentaire.

Il emploie davantage de salariés que les industries aéronautique, ferroviaire et navale réunies, qui représentent 193 700 emplois. Ses effectifs dépassent également ceux du secteur des assurances, qui compte 169 000 salariés, et ceux de l’industrie automobile, qui en compte 161 000. À titre de comparaison, le commerce de mode emploie deux fois plus de salariés que le secteur des biens culturels. Ses effectifs sont comparables à ceux de l’équipement de la maison, qui rassemble le bricolage, le mobilier, la décoration et l’électroménager.

92 milliards d’euros d’activité totale

Au-delà des ventes directement réalisées par les enseignes, le commerce de mode génère des effets sur l’ensemble de l’économie française. Pour les mesurer, Xerfi distingue trois niveaux d’effets. Le premier correspond à l’activité directe des enseignes. Le deuxième couvre les effets indirects générés auprès de leurs fournisseurs et de leurs prestataires. Le troisième correspond aux effets induits liés aux dépenses des salariés, ainsi qu’aux recettes fiscales et sociales générées par l’activité.

L’addition de ces effets directs, indirects et induits porte l’activité économique totale soutenue par le commerce de mode à 92 milliards d’euros, contre 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct. Les retombées économiques produites au-delà de l’activité directe sont ainsi évaluées à 39 milliards d’euros. Elles soutiennent l’emploi, l’investissement et l’activité de nombreux autres secteurs. Pour 100 euros dépensés dans un commerce de mode, près des trois quarts sont réinjectés dans le reste de l’économie française.

284 000 emplois créés ou soutenus

Aux 198 510 emplois directs du commerce de mode s’ajoutent 62 570 emplois indirects et 23 010 emplois induits. Au total, le secteur crée ou soutient 284 000 emplois dans l’ensemble de l’économie française. Plus de 85 000 emplois indirects et induits sont ainsi soutenus par l’activité des commerces de mode. Chaque emploi direct du secteur génère un total de 1,43 emploi dans l’économie française.

Plus de 21 000 emplois soutenus chez les fabricants et les grossistes

Les effets économiques du commerce de mode profitent à un vaste écosystème de partenaires. Celui-ci rassemble notamment les marques et fournisseurs de mode implantés en France, les bailleurs et les gestionnaires de l’immobilier commercial, les prestataires de logistique et de transport, les agences de communication et du numérique, les cabinets de conseil et d’expertise, ainsi que les entreprises de facility management et du bâtiment. Les grossistes et les fabricants implantés en France constituent la première catégorie bénéficiaire de cet effet d’entraînement, avec 21 230 emplois soutenus.

L’immobilier commercial représente 17 950 emplois soutenus. Ce chiffre comprend les bailleurs, les entreprises de facility management et les entreprises de travaux. Le marketing, l’informatique et les services supports représentent 13 000 emplois soutenus. La logistique et le transport comptabilisent, de leur côté, 10 390 emplois soutenus.

80 % des magasins implantés hors d’Île-de-France

Si l’Île-de-France concentre une part notable de l’activité, le commerce de mode demeure profondément ancré dans les territoires. Au total, 80 % des magasins du secteur sont implantés hors d’Île-de-France. Les régions concentrent également 68,5 % des salariés et 65 % du chiffre d’affaires du commerce de mode.

Parmi les territoires les plus fortement représentés figure l’Auvergne-Rhône-Alpes, où le commerce de mode représente 21 230 emplois et 5,58 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le secteur génère 18 320 emplois et 5,07 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Dans les Hauts-de-France, il représente 14 280 emplois et 3,68 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

L’ancrage régional du commerce de mode est notamment illustré par plusieurs enseignes nées et développées en région, parmi lesquelles le Groupe Beaumanoir, Chaussea, Eram, Kiabi, Orchestra et Saint James.

Plus de 30 % des magasins situés dans des villes moyennes

Le commerce de mode joue également un rôle important dans le maintien d’une offre commerciale de proximité. Plus de 30 % de ses points de vente sont situés dans des villes moyennes comptant entre 20 000 et 100 000 habitants. Cette proportion est supérieure à celle constatée pour l’ensemble du commerce non alimentaire.

L’installation ou la modernisation d’un magasin profite à tout un écosystème local. Elle crée des emplois non délocalisables, fait vivre des services de proximité, entretient le lien social et contribue à l’attractivité des centres-villes. Elle génère également des achats auprès de petites et moyennes entreprises locales et participe à la diversité de l’offre commerciale, aussi bien en matière de prix que de produits.

Deux embauches en CDI sur trois concernent des personnes en transition professionnelle

Le commerce de mode constitue une porte d’entrée vers l’emploi et un tremplin vers des parcours professionnels évolutifs. En 2025, deux tiers des nouvelles embauches en contrat à durée indéterminée ont concerné des personnes qui étaient auparavant en contrat à durée déterminée, en apprentissage ou sans emploi. Le secteur se caractérise également par la jeunesse de ses effectifs. Une majorité de ses salariés ont moins de 30 ans. La synthèse de l’étude précise que 60 % des salariés du commerce de mode appartiennent à cette tranche d’âge.

Dans les secteurs de l’habillement et de la chaussure, l’âge médian des salariés s’élève à 25 ans.

12 000 apprentis accueillis en 2025

Les enseignes de mode, les grands magasins et les magasins populaires ont accueilli 12 000 apprentis en 2025. Trois ans après leur entrée en formation, 45 % de ces apprentis travaillent toujours dans le secteur.

La contribution fiscale totale du commerce de mode s’élève à 7 milliards d’euros de prélèvements obligatoires générés chaque année. Ce montant comprend les cotisations sociales patronales et salariales, la fiscalité locale, l’impôt sur les sociétés, les droits de douane ainsi que l’impôt sur les revenus des salariés. « Cette étude démontre que le commerce de mode crée des emplois, forme des talents, soutient un vaste réseau de fournisseurs et de prestataires et génère des recettes fiscales. Avec 284 000 emplois créés et 92 milliards d’euros d’activité, notre secteur irrigue l’ensemble de l’économie française et contribue ainsi à la vitalité de milliers de villes et de quartiers. Dans un contexte de profonde transformation du commerce, il est essentiel de créer les conditions permettant aux commerces de mode de continuer à investir, recruter et faire vivre durablement nos territoires », déclare Bernard Cherqui, président de l’Alliance du Commerce.