Solutions et techno

Vivatech 2022 : Une hybridité du monde virtuel et réel décuplée

Le | Omnicanal

L’Echangeur BNP Paribas Personal Finance a parcouru les allées du salon Vivatech. Elisabeth Menant, Service & Digital Trends Analyst, revient sur trois tendances phares identifiées : le web 3, le metavers et la personnalisation de la relation.

Vivatech s’est tenu mi-juin à Paris Porte de Versailles. - © Echangeur
Vivatech s’est tenu mi-juin à Paris Porte de Versailles. - © Echangeur

1/ Le sujet du Metavers continue à faire le buzz…

Le premier marché du Metavers, la formation ?

La thématique du metavers était bien évidemment présente sur le salon Vivatech. La présence de Meta au centre du salon a attiré l’attention des visiteurs avec notamment une vidéo en boucle de Mark Zuckerberg présentant sa stratégie ou encore la présence d’un corner dédié à l’essai des lunettes Ray-Ban fraîchement débarquées en France. Mais le must était la possibilité de tester Horizon Workrooms, les salles de réunion « métaversées ». Elles représentent les nouvelles façons de travailler et laissent présager que le premier marché du Metavers serait la formation. (Lire Le web3 et l’environnement de travail sur Républik Workplace)

Le metavers a aussi du sens sur le volet formation. - © Meta
Le metavers a aussi du sens sur le volet formation. - © Meta

Un univers dédié à la GEN Z

D’autres startups incarnaient la tendance du metavers à l’instar de la jeune pousse française Metav.rs. Elle propose aux marques de créer leur propre monde virtuel 3D à intégrer directement depuis leur site, avec la possibilité d’acheter des NFT. Le consommateur pourra avoir la version Decentraland, The Sandbox, Horizon World de son NFT et donc l’utiliser partout. Et de rappeler que les NFT sont des vrais marqueurs sociaux pour la génération GEN Z.

D’ailleurs, pour Metav.rs, le metavers cible clairement cette génération et les marques qui souhaitent se lancer doivent viser uniquement cette cible sous peine de déception. Pour que l’enseigne puisse acquérir de la légitimité sur ces nouveaux univers, il est aussi préférable de passer par des collaborations avec des artistes qui parlent à la GEN Z ou alors avec des marques que la startup qualifie de « Web3 Native Vertical Brand ». Deux facteurs de succès clés qui permettront aux marques de vendre leurs NFT, point d’entrée de la relation permanente entre la marque et ce nouveau consommateur.

En Asie, c’est l’image d’un Metavers social qui prédomine

Mais ce qui était peut-être le plus frappant sur le salon, c’était de comparer les metavers asiatiques et européens ! Écouter les discours portés par ces différentes startups, regarder leurs solutions et démonstrations montrent bien, que culturellement, les codes ne sont clairement pas les mêmes. Ainsi, la start-up Playbux, venue de Singapour et sur le stand de Binance, présentait une version bêta d’un univers « Shop to earn » très coloré. Objectif : driver du flux vers les magasins physiques ou en ligne pour que les consommateurs puissent récupérer, grâce à leurs achats réels, des codes à utiliser ensuite dans le metavers. Ils peuvent ainsi gagner des NFT pour customiser entre autres son personnage virtuel ou encore discuter, jouer, échanger dans un univers assez simple mais très dynamique. Cet exemple est assez emblématique d’un metavers avant tout synonyme de socialisation en Asie.

Playbux a présenté un inviers « shop to earn ». - © Plybaux
Playbux a présenté un inviers « shop to earn ». - © Plybaux

2/ La blockchain, la 3D et le liveshopping reviennent sur le devant de la scène

Dopées par la thématique du Web3.0, les startups liées aux enjeux de la 3D, de la blockchain ou tout simplement de la virtualisation des espaces de vente en 360 degrés reviennent sur le devant de la scène. C’est par exemple le cas de la startup taïwanaise iStaging qui se présente comme la première plateforme Multivers disponible.

Paronym propose aux vendeurs de scanner un code-barre d’un article pour déclencher une pop-up sur le livestreaming. - © L’Echangeur
Paronym propose aux vendeurs de scanner un code-barre d’un article pour déclencher une pop-up sur le livestreaming. - © L’Echangeur

Déjà présente il y a quelques années sur le stand LVMH, cette année, c’était l’occasion pour la start-up de montrer toute sa chaîne de valeur : la virtualisation de l’espace de vente, l’éditorialisation en intégrant par exemple une visualisation des produits en 3D, l’interaction à distance avec des rendez-vous one-to-one entre le consommateur et le vendeur, ou encore l’intégration de pop-up virtuels événementiels. De là à plugger une solution de liveshopping dans les prochaines années, il n’y a qu’un pas ! 

De fait, les solutions de liveshopping continuent à évoluer comme l’a montré la startup japonaise Paronym sur le tout petit stand du Japon. Ici le vendeur peut scanner en magasin le code barre des produits, ce qui provoque automatiquement l’ouverture de pop-up sur le livestreaming. Le consommateur peut alors décider de cliquer et d’acheter le produit. Ce push produit a un net avantage : il permet de travailler sa relation avec le consommateur en temps réel.

Des avatars virtuels pour le metavers et en relais des vendeurs 

Dernière interface conversationnelle, les avatars virtuels à physionomie humaine. C’est ce que présentait la startup Sud-Coréenne DeepBrain.ai sur le stand de BNP Paribas. Ces avatars sont déjà utilisés pour faire des présentations de JT ou bien dans les points de vente comme chez Seven Eleven pour y annoncer les promotions. Ici, l’avatar apparaît complémentaire au vendeur en permettant une interaction pendant par exemple les heures de fermetures du point de vente ou pour répondre aux questions les plus fréquemment posées par le consommateur.

DeepBrain crée des avatars virtuels. - © L’Echangeur
DeepBrain crée des avatars virtuels. - © L’Echangeur

Mais ces avatars seront aussi très importants dans le futur pour incarner la marque dans les metavers qui, par définition, sont des univers qui ne s’arrêtent jamais. Le consommateur peut jouer à n’importe quelle heure et venir de tous les pays. L’agent virtuel serait alors le pont entre l’univers virtuel et physique de l’enseigne. Demain, les enseignes auront-elles donc toutes un ambassadeur virtuel pour incarner sa marque et ses valeurs ?

En résumé, ce sont bien les interfaces UX des sites internet des marques qui sont en train d’évoluer pour reproduire notre façon de parcourir les allées des magasins ou de discuter avec le vendeur. L’hybridité du online et du offline n’a jamais été aussi présente que cette année sur le salon.

3/ Vers une relation personnalisée et anonymisée 

Gifty propose de chouchouter ses employés autant que ses clients. - © L’Echangeur
Gifty propose de chouchouter ses employés autant que ses clients. - © L’Echangeur

De relation humaine, il en est encore question avec Gyfti et sa plateforme tout-en-un pour engager de façon originale les collaborateurs, à l’heure où le retail connaît des difficultés de recrutement. Il s’agit en effet de marquer leurs moments de vie avec des petites attentions : une lettre manuscrite des ressources humaines pour l’arrivée d’un collaborateur, un pack « festif découverte » pour un projet commun à partager sur l’open space etc. Tout est possible pour montrer aux collaborateurs qu’ils comptent pour l’entreprise.

Personnaliser sans identifier, c’est aussi le crédo de la startup Potions. Il est désormais possible de proposer des parcours clients personnalisés sur les sites internet des enseignes sans cookies, sans stockage et avec un meilleur respect de la vie privée des utilisateurs. Techniquement, Potions utilise les données stockées localement par le visiteur pour lui offrir une expérience optimisée, sans qu’aucune donnée ne quitte son navigateur. Alors que la réglementation sur l’utilisation des données personnelles se renforce et que le Web3.0 réclame le contrôle des données par l’utilisateur, Potions prend les devants.

Le NFT pour suivre le produit et respecter la vie privée

De son côté, la société Australienne Everledger propose un parcours client sans faute en combinant des technologies de blockchain, tag NFC et NFT. La blockchain assure la traçabilité d’un produit de bout en bout. Le tag NFC déposé sur le produit rend accessible cette information au consommateur en toute transparence. Il lui permet également de récupérer le NFT du produit, point d’entrée de la relation entre la marque et le consommateur. Ce dernier, s’il souhaite offrir par exemple le tee-shirt en cadeau à un ami, pourra alors lui transférer le NFT, preuve d’authenticité du produit. Pour la marque, c’est aussi la possibilité pour la marque de suivre la vie de son produit versus la vie de son consommateur. La vie privée est respectée !

Mis bout à bout, cette nouvelle édition de Vivatech renforce l’idée d’une relation client plus humaine, où le collaborateur doit être aussi valorisé que le consommateur car le commerce est bien en mutation, aussi bien d’un point de vue relationnel, environnemental que technologique.

 Elisabeth Menant - © L’Echangeur BNP Paribas Finance
Elisabeth Menant - © L’Echangeur BNP Paribas Finance

A propos de l’auteur : 

Diplômée de Polytech Angers, Elisabeth Menant a 20 d’expérience professionnelle dédiée à l’innovation et la prospective qu’elle a exercée au sein du Groupe Galeries Lafayette, de LaSer et depuis 2011 au sein de l’Echangeur BNP Paribas Personal Finance. Elisabeth continue à explorer avec les clients de l’Echangeur la transformation du retail avec un double regard éditorial et business.

Transférer cet article à un(e) ami(e)