Bricolage : qui sont les grands gagnants du marché en 2025 ?
Le marché du bricolage recule encore en 2025, à 21,8 milliards d’euros (-1,4 %). Dans ce contexte toujours tendu, Adeo conforte sa domination tandis que certaines enseignes résistent mieux que d’autres. Découvrez le classement des principaux acteurs du secteur.
Le marché français du bricolage poursuit son repli. Selon la dernière étude réalisée par la Fédération des magasins de bricolage (FMB) et Inoha, les grandes surfaces de bricolage (GSB) ont généré un chiffre d’affaires de 21,8 milliards d’euros en 2025, en recul de 1,4 % par rapport à 2024. Après une baisse de 1,4 % en 2023 puis de 4,3 % en 2024, le secteur enregistre ainsi une troisième année consécutive de contraction. Une tendance qui intervient pourtant dans un contexte immobilier légèrement plus favorable, marqué par un rebond des transactions dans l’ancien et une reprise des mises en chantier.
Le marché reste toutefois supérieur à son niveau d’avant-Covid, qui s’établissait autour de 20 milliards d’euros en 2019. Mais les arbitrages des ménages continuent de peser sur les dépenses liées à l’habitat. L’étude souligne notamment une dégradation du moral des consommateurs au cours de l’année 2025, ainsi qu’un recul persistant de l’indicateur mesurant l’opportunité de réaliser des achats importants. Note : les données ne sont pas disponibles pour Brico Leclerc et Brico Pro.
Leroy Merlin et Weldom confortent la domination d’Adeo
Dans ce contexte difficile, le groupe Adeo continue de creuser l’écart avec ses concurrents. La maison mère de Leroy Merlin, Weldom et Bricoman affiche un chiffre d’affaires de 11,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 1 % sur un an. Sa part de marché atteint désormais 50,9 %, contre 49,8 % l’an dernier. Autrement dit, plus d’un euro sur deux dépensé dans les GSB françaises l’est aujourd’hui dans une enseigne du groupe. Cette progression est portée avant tout par Weldom. L’enseigne de proximité réalise la meilleure performance parmi les grands acteurs du secteur avec une croissance de 8 %, à 1,36 milliard d’euros. Son réseau passe de 295 à 330 magasins en un an, confirmant la pertinence du format de proximité dans un contexte où les consommateurs privilégient davantage les achats utiles et les projets du quotidien.
Leroy Merlin continue également de résister. Avec un chiffre d’affaires de 8,98 milliards d’euros (+0,6 %), l’enseigne reste largement leader du marché français et représente à elle seule plus de 41 % des ventes réalisées par les GSB.
Un marché toujours plus concentré
Comme en 2024, l’étude met en évidence une concentration croissante du secteur. Adeo conserve sa première place avec 51 % du marché. Derrière, le groupe Kingfisher (Castorama et Brico Dépôt) représente près de 25 % des ventes, tandis que le Groupement Les Mousquetaires atteint 14 % et le groupe Mr.Bricolage 8 %. À eux seuls, ces quatre groupes concentrent 98 % du chiffre d’affaires du circuit GSB. Les deux premiers, Adeo et Kingfisher, pèsent même 76 % du marché.
Castorama conserve sa deuxième place avec 2,79 milliards d’euros de chiffre d’affaires malgré un recul de 3,2 %. Brico Dépôt suit avec 2,61 milliards d’euros (-2,1 %). Bricomarché reste la première enseigne des Mousquetaires avec 2,14 milliards d’euros et près de 10 % de parts de marché.
À l’inverse, plusieurs enseignes enregistrent des reculs marqués. Bricocash abandonne 8 %, Bricorama 7,9 %, tandis que le réseau affilié de Mr.Bricolage recule de plus de 13 %. L’année est également marquée par la disparition progressive de Tridôme, dont le chiffre d’affaires chute de 32 %.
Le circuit GSB est marqué par une grande concentration : 4 groupes détiennent 98 % du chiffre d’affaires. Il s’agit d’Adeo (Bricoman, Leroy Merlin, Weldom), Kingfisher (Brico Dépôt, Castorama), les Mousquetaires (Bricomarché, Bricocash, Bricorama, Batkor, Tridôme) et le groupe Mr Bricolage (Mr Bricolage, Mr Bricolage Relais, Le Club Les Briconautes). Les deux premiers groupes (Adéo et Kingfisher) concentrent 76 % du total.
Les magasins restent au cœur des projets
Si le commerce en ligne poursuit sa progression, le magasin conserve une place centrale dans le parcours d’achat des consommateurs. Les ventes réalisées sur les sites des enseignes progressent de 7,7 % en 2025 pour atteindre 1,35 milliard d’euros. Elles représentent désormais 6,2 % du chiffre d’affaires total du secteur, contre 5,7 % en 2024. Pour autant, le bricolage reste l’un des secteurs les moins digitalisés de la distribution. Selon l’étude, plusieurs facteurs expliquent cette situation : la taille ou le poids de nombreux produits, la nécessité de comparer les matériaux et les couleurs physiquement, mais aussi la nature même des projets de rénovation qui nécessitent souvent plusieurs passages en magasin pour ajuster les achats au fil de l’avancement des travaux.
Les ventes en magasin ont ainsi reculé de 1,9 % en 2025, mais elles représentent encore près de 94 % du chiffre d’affaires du secteur.
Chauffage et électricité tirent leur épingle du jeu
L’analyse des rayons confirme également la prudence des consommateurs. Parmi les onze grands univers étudiés, seuls deux affichent une croissance en 2025 : le chauffage (+3,3 %) et l’électricité (+0,6 %). À l’inverse, la décoration (-3,5 %), l’outillage (-2,8 %), la quincaillerie (-2,6 %) ou encore les revêtements (-2,3 %) restent orientés à la baisse.
À plus long terme, le bilan est toutefois moins sombre. Comparé à 2019, seul le rayon décoration reste en retrait. Tous les autres univers affichent encore une progression, notamment le jardin (+21 %) ou le bâtiment (+18 %).
Quelles perspectives pour 2026 ?
L’étude met en avant plusieurs signaux contradictoires. D’un côté, le marché immobilier montre des signes de redressement avec 951 000 transactions dans l’ancien en 2025, en hausse de 13 % sur un an. Les mises en chantier repartent également à la hausse.
De l’autre, la confiance des ménages continue de se dégrader et les dépenses importantes restent reportées. Dans ce contexte, les enseignes les mieux positionnées semblent être celles capables de capter les projets du quotidien tout en poursuivant leur maillage territorial. Une stratégie qui profite aujourd’hui à Adeo, et plus particulièrement à Weldom, principal gagnant de l’exercice 2025.