Stratégie retail

Avec Flash, Carrefour apporte un nouveau concept connecté sur le marché

Par Clotilde Chenevoy | le | Concepts

Carrefour a dévoilé ce jour Flash, son nouveau concept de magasin automatisé, coconçu avec AiFi, qui se différencie des autres formats déjà existants. Explications.

Carrefour Flash fait 50m² et propose 900 références à la vente. - © Amelie Laurin
Carrefour Flash fait 50m² et propose 900 références à la vente. - © Amelie Laurin

Si Amazon Go a créé un précédent avec sa technologie Just Walk Out, Carrefour vient de répliquer avec Flash et apporte au passage un nouveau concept connecté sur le marché et se distingue de la concurrence. Les deux principales originalités portent sur le début du parcours d’achat, avec l’entrée dans le magasin, et sur la fin, avec le paiement.

Commençons par le début, l’arrivée devant Carrefour Flash, situé au 11 avenue Parmentier à Paris. Sur la vitrine, il est clairement indiqué que cet ancien magasin Carrefour Express a changé. Le logo Flash s’affiche à côté de la hallebarde de l’enseigne avec la promesse client imprimée en grand : « Mes courses en un éclair. Je paie mes produits sans scanner. » Les habitants du quartier qui entrent et sortent du métro Voltaire accessible en quelques pas, ou qui se dirigent vers la mairie du 11e arrondissement aussi situé à proximité de Flash apprécieront ce parcours express, taillé pour les clients pressés.

La promesse client s’affiche en gros sur la façade : « Mes courses en un éclair. Je paie mes produits sans scanner. » - © Amelie Laurin
La promesse client s’affiche en gros sur la façade : « Mes courses en un éclair. Je paie mes produits sans scanner. » - © Amelie Laurin

Le concept Flash est entrée libre, sans identification

Pour entrer dans la boutique, et c’est là un gros point de différence avec les autres formules concurrentes, il n’y a pas besoin de scanner une application ou de posséder une quelconque carte. « Nous voulons que ce magasin s’adresse à tout le monde et pas juste à des clients connectés, a souligné Elodie Perthuisot, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale de Carrefour. Depuis un an, nous testons le concept sur Massy auprès de nos collaborateurs et il a beaucoup évolué depuis les débuts. Nous avons réalisé des tables-rondes avec nos clients pour comprendre leurs attentes sur comment simplifier les courses. »

Et Miguel Gonzalez, directeur monde technologie & data chez Carrefour de préciser : « Nous avons amélioré avec AiFi la technologie. Nous sommes actuellement à un taux de fiabilité de 96 % contre 70 % lors des premiers tests à Massy. »

Le client devient un avatar numérique dès qu’il entre

Chaque client devient un avatar numérique anonyme. Le système ne permet pas de faire des achats à plusieurs. - © Républik Retail
Chaque client devient un avatar numérique anonyme. Le système ne permet pas de faire des achats à plusieurs. - © Républik Retail

Ainsi, aucun sas ni portique n’entrave l’entrée, le système mis au point par Carrefour et AiFi va transformer chaque client en avatar numérique « anonymisé, précise Elodie Perthuisot. Jusqu’à 20 personnes peuvent être gérées en même temps, ce qui est suffisant pour ce type de surface. Mais nous travaillons sur la technologie pour augmenter cette capacité.”

Le panier virtuel est constitué en temps réel. 60 caméras ont été installées au plafond pour couvrir les 50m² de la supérette. Les 250 étagères qui exposent les 900 références sont équipées de 8 balances chacune, brevetées par la start-up californienne et sensibles à 10 grammes près. A chaque fois qu’un article est attrapé par un client, le système s’appuie sur les images et les capteurs de poids pour ajouter le produit au panier.

La fiabilité du système de Flash atteint 96 %, contre 70 % à ses débuts. Nous pouvons gérer jusqu'à 20 personnes et nous travaillons sur la technologie pour augmenter la capacité.

Si le client change d’avis, l’article sera décompté dès lors qu’il est remis en rayon. Et si la référence est mal rangée, la suppression se fera également grâce au contrôle pondéral. Parallèlement, le système enverra en plus une alerte à l’équipe du magasin pour venir ranger le rayon.

En effet, malgré le changement de concept, 4 employés travaillent toujours pour la supérette. Leur rôle sera d’accompagner les clients dans la découverte de ce nouveau parcours, d’intervenir sur le panier en cas de bug du système, d’agencer le magasin et également de préparer et donner les commandes e-commerce. En effet, en plus des 50m² de libre-service, le point de vente dispose d’une réserve de 25m² dont une partie sert de dark store pour préparer les commandes pour Uber Eats et une autre pour stocker les colis e-commerce comme Potager City. 

Les caméras et les balances servent à identifier le client et les produits. - © Républik Retail
Les caméras et les balances servent à identifier le client et les produits. - © Républik Retail

Un système encaissement mis au point avec Market Pay

La deuxième évolution notable par rapport à la concurrence, c’est le volet encaissement et paiement. Une fois les articles pris, le client doit se rendre devant une tablette qui fait office de caisse. Une pastille bleue collée au sol matérialise l’endroit où doit se tenir le client pour que le panier apparaisse automatiquement sur une tablette. Le client n’a donc aucune manipulation à réaliser et il peut vérifier les prix et les articles. « C’était une demande qui a émergé de nos groupes de discussion », pointe Elodie Perthuisot.

Pour le paiement, un lecteur de carte bancaire sans contact est situé sur le côté droit pour que les clients règlent rapidement. «  Les paniers devraient majoritairement être inférieurs du seuil de 50 euros mais dans le cas où cela arrive, la tablette va afficher le clavier pour taper son code, explique Miguel Gonzalez. Le paiement a été développé avec notre fintech Market Pay et repose sur une simple tablette Samsung. » La promesse des 10 secondes pour payer est en tout cas tenue et les clients qui veulent récupérer le ticket de caisse peuvent le faire un QR Code à scanner.

Le paiement se fait en carte bancaire et en sans contact pour gagner du temps. Au-delà de 50 euros, le clavier pour taper le code apparaît sur l'écran. - © Républik Retail
Le paiement se fait en carte bancaire et en sans contact pour gagner du temps. Au-delà de 50 euros, le clavier pour taper le code apparaît sur l'écran. - © Républik Retail

Pour le moment, le système ne sait pas gérer le programme de fidélité et n’a pas de lien avec l’application du distributeur. Mais les dirigeants attendent les premiers retours des clients. « Nous ferons évoluer le concept en fonction des demandes des consommateurs », précise Elodie Perthuisot. Les consommateurs qui souhaitent utiliser leur carte de fidélité peuvent utiliser la caisse libre-service installée dans un coin. Cette dernière sert également pour les clients qui veulent payer en espèces mais ils devront alors scanner eux même leurs articles.

Une fois les achats réglés, le client peut sortir librement. Les potentiels resquilleurs devront être gérés par les employés du magasin et des caméras de sécurité classique sont aussi utilisées. Encore une fois, Carrefour insiste sur le fait qu’il s’agit d’un premier test et que des réglages se feront au fil des remontées. Quant à la rentabilité d’un tel concept, Carrefour ne communique aucun chiffre mettant en avant que les coûts des composants vont continuer à baisser dans les temps.

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