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YesYes s’installe chez Casino pour vendre ses smartphones reconditionnés français

Par Clotilde Chenevoy | le | Seconde main

YesYes, spécialiste du reconditionné français, a signé avec les enseignes Casino pour créer des shop-in-shop au sein de deux hypermarchés. Retour sur ce partenariat et sur les chiffres clés des smartphones reconditionnés.

Le corner YesYes de Pessac (33) a ouvert le 11 août dans l’hypermarché Casino. - © D.R.
Le corner YesYes de Pessac (33) a ouvert le 11 août dans l’hypermarché Casino. - © D.R.

Le nom de YesYes ne vous évoque peut-être pas grand-chose mais les consommateurs des hypermarchés Casino de Pessac et de Marseille La Valentine, ont pu découvrir depuis quelques semaines l’offre de smartphones reconditionnés made in France de l’entreprise normande. En effet, au même titre que le groupe a misé sur C&A pour animer son rayon textile ou La Grande Récré pour le jouet, il a choisi YesYes pour créer des shop-in-shop au sein du rayon high tech. Pour Latifa Moutai, directrice de l’offre et des partenariats de Casino, ce projet s’inscrit dans une logique de construction de marketplace physique en magasin, en misant sur des spécialistes. Chaque marque lui reversant une commission prélevée sur le chiffre d’affaires de l’enseigne partenaire.

« Nous avons deux personnes de chez nous en permanence sur le corner qui présente nos produits et notre offre, explique David Mignot, co-fondateur de Yes Yes. Annemasse ouvrira prochainement, puis viendra Paris Masséna. D’autres ouvertures se feront selon les premiers résultats en 2023, mais l’ambition est d’ouvrir plusieurs dizaines de shop-in-shop. »

Une boutique pour favoriser la vente de reconditionné français…et la reprise

Pour YesYes, qui a été créé il y a 4 ans en ligne, ce partenariat représente un moyen de se développer sans avoir à investir tout de suite dans la construction de son propre réseau. Mais l’entreprise normande se révèle toutefois convaincu de la pertinence d’une présence physique. Elle a ouvert sa propre boutique à Caen en janvier dernier et le chiffre d’affaires du point de vente a doublé en 6 mois. De 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, YesYes va atteindre d’ici la fin de l’année 5,2 à 5,5 millions d’euros. Indéniablement, le reconditionné progresse dans les habitudes des consommateurs. Selon Gfk, il s’est vendu 3,1 millions de smartphones reconditionnés en 2021 (+20 % vs 2020), achetés à 47 % sur des plates-formes en ligne.

Or, pour les co-fondateurs, David Mignot et Christophe Perrin, l’économie circulaire doit se faire en local. Les anciens cadres de Sony en sont intimement convaincus : avec 16 millions de smartphones vendus par an en France, il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir privilégier le made in France sur le reconditionné. « On se bat au quotidien pour rester Made In France », pointent-ils. Cette approche tranche avec les méthodes des autres acteurs. Rappelons que le leader Back Market est une plate-forme de mise en relation et que les reconditionneurs viennent du monde entier.

Construction d’une filière pour le sourcing made in France

Pour assurer leur sourcing, les deux dirigeants se sont rapprochés d’Orange, premier acteur à reprendre des smartphones en France, pour se fournir en matière première. Et si le smartphone représente 80 % du marché, de nouveaux produits s’ajoutent progressivement au catalogue, dans le petit électroménager ou les jeux vidéo. YesYes est par exemple le reconditionneur exclusif des consoles Sony PS4 pour la Fnac. Les boutiques auront aussi un rôle à jouer pour récupérer les produits. David Mignot et Christophe Perrin ciblent d’ouvrir une quinzaine de points de vente d’ici 2025, en plus des corners chez Casino #Hyper Frais (Nouveau nom des Géant Casino). Cela devrait faciliter la récupération des anciens smartphones, grâce à la proximité mais aussi une politique tarifaire plus ou moins agressive pour les reprises.

YesYes existe depuis 4 ans en ligne. - © YesYes
YesYes existe depuis 4 ans en ligne. - © YesYes

Au-delà de la matière première, les enjeux portent aussi sur la main d’œuvre. Sur ce volet, David Mignot et Christophe Perrin forment leurs équipes dans leur atelier. Des partenariats ont été noués avec Pole Emploi et avec des Esat pour favoriser l’insertion sociale. Un autre pilier important pour les deux entrepreneurs. Les réparations sont garanties deux ans afin de rassurer les consommateurs. Une note fournie dans la boîte détaille les tests menés sur le produit.

Mais les deux dirigeants regrettent le flou de la législation. Par exemple, «  il n’y a pas de règle sur le choix des pièces détachées, précise David Mignot. Un écran peut coûter 35 à 70 euros HT. Le décret du 15 février 2022 paru au Journal Officiel propose un début de cadre mais cela reste trop évasif. » Et pour que les 58 % de Français qui n’ont jamais acheté de produits reconditionnés, la notion de confiance est clé. D’où les grandes manœuvres de YesYes pour se construire une marque à forte valeur ajouté sur le service et une empreinte physique dans des lieux de flux. Mais l’exercice n’est pas simple, car les marges sont faibles, autour de 15 % assure le dirigeant. Chaque maillon de la chaîne compte.

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