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Supply chain : Camif investit dans sa logistique pour absorber sa forte croissance

Par Clotilde Chenevoy | le | Supply chain

Maîtrise des stocks plus fine, amélioration du taux de disponibilité ou augmentation de la capacité de stockage, Camif multiplie les projets pour améliorer sa logistique.

La Camif investit dans sa supply chain pour assurer une bonne expérience client. - © Camif
La Camif investit dans sa supply chain pour assurer une bonne expérience client. - © Camif

+44 %. Camif a connu une explosion de croissance en 2020, traitant environ 100 000 commandes allant de produits lourds et encombrants comme les canapés à des colis plus petits comme des articles de décoration. « C’est une année record et charnière », assure Pierre-Yves Marteau, responsable supply chain du site e-commerce.  Un cap semble avoir été franchi avec la crise sanitaire et sur le premier semestre 2021 la croissance reste toujours soutenue et à deux chiffres.

Le pure player, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2020, a bénéficié de l’attrait des Français pour leur intérieur suite aux différents confinements. De plus, depuis 2017, Camif est une entreprise à mission, valorisant particulièrement le made in France. Un positionnement qui a eu un écho tout particulier avec la pandémie mondiale. Le site e-commerce va même désormais un cran plus loin puisqu’il a annoncé bannir de son catalogue les produits venant en dehors de l’Union européenne.

Construire des process pour standardiser l’organisation

Toute cette croissance vient apporter son lot de tension sur la logistique et impose à Camif de réviser ses procédures. Avant même la pandémie, le pure player voulait investir « pour mettre au centre de la supply chain une expérience client de qualité, notamment sur la livraison », détaille le responsable. Les prévisions de croissance étaient alors de 15 %, les équipes ont donc dû s’adapter face au 44 % !

Cette recherche d’amélioration du service passe notamment par un meilleur taux de disponibilité et une maîtrise du stock plus fine. Pour cela, Camif adopté la solution de Flowlity pour piloter ses marchandises et apporter des aides à la décision. Par exemple, « la solution nous indique un niveau mini et maxi des quantités à avoir pour assurer le taux de disponibilité que nous voulons, ce qui nous permet de mieux caler notre stock », explique Pierre-Yves Marteau.

Exemple d’un tableau de bord Flowlity. - © Flowlity
Exemple d’un tableau de bord Flowlity. - © Flowlity

L’autre axe d’amélioration porte sur la prévision des ventes. « Nous évoluons dans un univers de plus en plus concurrentiel et la maîtrise de la donnée est indispensable, juge le responsable. Nous avions auparavant une gestion 100 % manuelle, basée sur des hypothèses budgétaires, des historiques de vente et un peu de ressenti. »

Le projet a démarré en septembre 2020 et il s’est fait en deux phases. L’intégration des données sur la plate-forme flowlity avec la création de connecteur puis la partie itérative de paramétrage de la solution SaaS. D’ici 2021, 70 % des flux seront pilotés avec la solution Flowlity et 80 % d’ici 2022.

Anticiper les demandes auprès des fournisseurs

La préconisation de réassortiment du stock est une autre des fonctionnalités clé pour la Camif. « Nous travaillons avec environ 200 fournisseurs, de l’artisan qui compte 5 personnes à des entreprises qui emploient des milliers de personnes, détaille Pierre-Yves Marteau. Le nouvel outil nous permet une prise de décision plus rapide sur les commandes à venir et de nous assurer d’avoir toujours nos best-sellers en stock. Nos fournisseurs peuvent de leur côté mieux piloter leur production, par exemple en regroupant les commandes par couleur. Nous avions déjà identifié cet axe d’amélioration mais sa mise en place nous semblait alors trop fastidieuse. »

La Camif travaille avec plus de 200 fournisseurs et entend favoriser les fournisseurs européens, et notamment le made in France. - © Camif
La Camif travaille avec plus de 200 fournisseurs et entend favoriser les fournisseurs européens, et notamment le made in France. - © Camif

Le pure player aimerait également aller plus loin dans la prévision des ventes, en incitant ses fournisseurs a également adopté l’outil de Flowlity. L’objectif est d’améliorer la vision de toute la chaîne. Par exemple, si une promotion fonctionne mieux que prévu, des alertes peuvent alors être envoyées. La start-up joue le rôle de tiers de confiance pour la transmission des informations. « Nous sommes en phase de test avec trois fournisseurs », indique Pierre-Yves Marteau.

Déploiement de nouvelles procédures de travail

L’adoption de la plate-forme Flowlity est venue remplacer le remplissage et partage des fichiers Excel, tout en ajoutant de nouvelles fonctionnalités. Tout cela a imposé de prévoir des sessions de formation pour la conduite du changement. « Nous avons dû convaincre de la pertinence de la solution, se souvient le responsable de la Camif. Cela a pris un peu de temps de mettre en place ces nouvelles méthodes de travail mais désormais l’outil fait partie de leur routine. Leur métier est transformé et ils sont désormais plus efficaces. » Une réunion par semaine se tient également pour échanger sur le ressenti, les besoins métiers, et les évolutions possibles de cet outil. La Camif et Flowlity travaillent en collaboration.

Concernant les gains apportés par cette nouvelle organisation, le responsable n’a pas pu les chiffrer pleinement en raison du contexte si particulier, des contraintes qui peuvent évoluer selon les périodes et de la hausse de la demande. En revanche, il reconnaît que « les équipes gèrent beaucoup de choses alors qu’avant on se concentrait sur les urgences. »

Ajout d’un nouvel entrepôt

Au-delà du volet logiciel et de la formation des équipes, la Camif a également investi dans un 4e entrepôt, ouvert à Nancy en septembre, pour encaisser sa phase de croissance. Il vient en complément du site du Niort, dédié aux petits produits, et des deux sites parisiens, qui servent pour la literie, les canapés et autres produits lourds de la maison. Une opération qui permet au pure player d’augmenter son stock pour faire face à la croissance et également à la pénurie de matières premières et au prix du transport qui explose. Le prix d’un conteneur oscille désormais entre 15 000 à 20 000 euros pour certaines enseignes.

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