Expérience client

Pouvoir d’achat et conso : quelles variables d’ajustement pour les Français ?

Par Clotilde Chenevoy | le | Paiement

La tension sur le pouvoir d’achat et la hausse des prix ont des répercussions sur le comportement d’achats des Français. Alimentaire ou non alimentaire, tous les secteurs en pâtissent selon l’étude OpinionWay pour La Retail Tech.

Les trois quart des Français ajustent leur consommation en cas de baisse du pouvoir d’achat. -
Les trois quart des Français ajustent leur consommation en cas de baisse du pouvoir d’achat. -

Après la crise sanitaire, c’est au tour de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat de venir transformer les comportements d’achats des Français. En mai 2022, les prix à la consommation ont augmenté de 5,2 % sur un an, estime l’Insee, alors qu’ils ont déjà enregistré une hausse de +4,8 % le mois précédent. « Cette hausse de l’inflation serait due à une accélération des prix de l'énergie, des services, de l’alimentation et des produits manufacturés », avance l’institut.

Tous les secteurs d’achats en baisse

Un nouveau coup dur pour le retail qui a déjà été fortement malmené ces dernières années avec la crise sanitaire, sans compter la transformation digitale qui reste un chantier ouvert pour quasiment toutes les enseignes. D’autant qu’en cas de baisse du pouvoir d’achat, 79 % des Français achètent moins ou plus du tout au moins un type de produit selon une étude menée par Opinion Way pour La Retail Tech. Ce chiffre monte même à 86 % chez les 25-34 ans.

La mode et l’habillement souffre en premier

Parmi les variables d’ajustement, trois secteurs souffrent plus que les autres. Ainsi, les Français vont freiner voire arrêter leurs achats dans la mode et l’habillement (59 %), les articles de maison (55 %), puis la culture / high tech (53 %). Logiquement, l’alimentaire reste un achat nécessaire, « seul » 30 % des Français rognent sur leurs dépenses alimentaires en cas de baisse du pouvoir d’achat.

L'évolution de la consommation en cas de baisse du pouvoir d’achat. - © La Retail Tech / Opinionway
L'évolution de la consommation en cas de baisse du pouvoir d’achat. - © La Retail Tech / Opinionway

La montée des MDD dans les chariots des Français

Si les Français doivent continuer à se nourrir, ils ont en revanche ajuster leur choix. L’étude d’OpinionWay a ainsi identifié que 8 consommateurs sur 10 changent leurs comportements quand le prix d’un produit alimentaire augmente. Ils se tournent vers les marques de distributeur pour 37 % d’entre eux, 27 % optent pour les premiers prix et 8 % sur le vrac.

Ils ont aussi tendance à être davantage à l’affût de bonnes affaires. Par exemple, 31 % achètent des produits à dates courtes à prix remisés, 40 % cherchent de meilleurs prix. Un Français sur trois sont prêts à retarder un achat pour avoir des soldes ou des promotions. 16 % bascule même sur le web. Une tendance que la Fevad et Médiamétrie ont également constaté, les Français y voyant un meilleur moyen de contrôler leur panier et les prix en commandant en ligne.

Les soldes et la seconde main plébiscitées pour les achats non-alimentaires

Dans le secteur non-alimentaire, quasiment un Français sur trois (29 %) se dit prêt à reporter ses achats en cas de hausse du prix d’un article.

Les achats non-alimentaires sont une variable d’ajustement lors de la tension sur le pouvoir d’achat. - © La Retail Tech / Opinionway
Les achats non-alimentaires sont une variable d’ajustement lors de la tension sur le pouvoir d’achat. - © La Retail Tech / Opinionway

Là encore, le client devient un chasseur de bons plans. Les soldes sont plus attendus que jamais, avec 47 % des Français qui comptent sur la période des soldes pour acheter à meilleur prix. 33 % se tournent eux vers le web. La Fevad a pourtant mesuré que sur le premier trimestre 2022, la vente de produits est en baisse. Ce changement de comportement ne contrebalance pas la perte des volumes, au moins sur le début de l’année.

La tension sur le pouvoir d’achat vient renforcer l’attractivité des produits de seconde main. En effet, les Français vont, comme pour l’alimentaire, opter pour des produits équivalents moins onéreux pour 34 % des sondés, et 19 % disent miser sur des articles d’occasion. Peut-être une bonne chose pour la planète, mais pas forcément pour les retailers. Tous n’ont pas saisi ce virage ou encore sont encore en quête de rentabilité pour leurs services d'économie circulaire. 

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